Très souvent, les propriétaires d’un bâtiment se plaignent d’un grave problème de condensation et d’accumulation de glace sur l’intérieur des vitres, lors de la période hivernale, malgré le fait qu’ils maintiennent un taux d’humidité variant entre 30 % et 50 %. Ceci signifie alors que les fenêtres ne possèdent aucune résistance à la condensation comme prescrit dans la norme NAFS.

Au Canada, la performance des fenêtres est régie par une nouvelle norme harmonisée, soit la NAFS (North American Fenestration Standard) qui remplace la norme A-440. C’est le Code national du bâtiment 2010 qui impose cette nouvelle norme qui a été élaborée par l’Association canadienne de normalisation (CSA International). Ainsi, la norme NAFS fait état des niveaux de performance minimale des fenêtres évaluées dans des conditions normalisées.

Les caractéristiques déterminées dans la norme NAFS concernent les éléments suivants :

  • L’étanchéité à l’air ;
  • L’étanchéité à l’eau ;
  • La résistance aux surcharges dues au vent ;
  • La facilité de manœuvre ;
  • La résistance à l’entrée par effraction ;
  • La résistance à la condensation;
  • La résistance des grillages-moustiquaires.

Les fenêtres sont désormais classées par catégories de performance (CP). Plus la valeur CP est grande et plus le niveau de performance de la fenêtre est élevé.

Causes de condensation sur les fenêtres

La condensation sur les fenêtres à l’hiver est un problème indésirable dans un immeuble. Les causes de la condensation sur les fenêtres sont multiples, en voici quelques exemples :

  • Les activités des occupants peuvent influer sur ce phénomène, car certaines activités ou habitudes engendrent une quantité élevée d’eau dans l’air. Ceci provoque une humidité relative (HR) élevée à l’intérieur de l’immeuble ;
  • Les rideaux fermés empêchent la libre circulation d’air à la surface de la fenêtre ;
  • Le positionnement des fenêtres dans l’enveloppe extérieure joue aussi son rôle, parce que plus les fenêtres sont installées vers l’extérieur plus grandes sont les chances que de la condensation se forme ;
  • L’absence d’une plinthe électrique sous la fenêtre ;
  • La présence d’objets posés devant les fenêtres empêche également la circulation d’air sur la surface des fenêtres ;
  • La présence d’un défaut dans les fenêtres ;
  • Une fuite d’air au pourtour de la fenêtre ;
  • Des fenêtres qui ne sont pas homologuées pour la zone climatique du lieu où se trouve le bâtiment.

Zones climatiques

Le Canada est divisé en trois (3) zones climatiques qui sont basées sur un indicateur de température annuelle moyenne appelé « degrés-jours de chauffage (DJC) ».

Les portes et fenêtres à installer doivent être homologuées en fonction de la zone climatique du bâtiment. En général, la mauvaise qualité des fenêtres et leur emplacement, dans le mur du bâtiment, sont les causes de la formation de glace sur les fenêtres.

Emplacement des fenêtres

Selon la norme, « pour améliorer la résistance à la condensation de surface, on devrait étudier la possibilité de mettre en place la fenêtre […] en tenant compte du plan intérieur du mur. La position de la fenêtre […] par rapport à la ligne de l’isolant thermique du mur peut influer sur la température de surface du verre et du dormant. Un appui profond empêche la chaleur de la pièce de réchauffer le verre. Le fait de placer la fenêtre […] vers l’intérieur permet à la chaleur de la pièce d’accroître la température de la surface interne du verre et protège l’extérieur du produit du vent à l’extérieur, ce qui permet d’accroître son rendement thermique en général ».

Humidité relative et condensation

L’humidité relative exprime le rapport entre la quantité d’eau dans l’air et la quantité d’eau que l’air peut contenir. Si l’air de votre maison ne contient que la moitié de vapeur d’eau qu’il peut contenir, on dit qu’il a une humidité relative de 50 %.

En fait, l’humidité c’est de l’eau à l’état gazeux, c’est-à-dire de la vapeur d’eau transportée par l’air. « L’air ne peut contenir qu’une certaine quantité d’eau à une température donnée, après quoi il y a saturation. L’humidité est toujours relative à ce taux de saturation, car la capacité de l’air à contenir de l’eau varie en fonction de sa température, plus l’air est chaud, plus il est agité et plus il peut contenir de vapeur d’eau, si l’air se rafraîchit, l’eau se condense en précipitation, ou bien en gouttelette sur une surface plus froide » (Ecologs.org).

À une température donnée, l’air peut contenir une certaine quantité de vapeur d’eau. La température au point de saturation s’appelle le point de rosée. Lorsque l’air est refroidi au point où il ne peut plus contenir davantage de vapeur d’eau, « on dit qu’il est saturé et que son humidité relative est de 100 %. Si la température baisse davantage, une certaine quantité de vapeur d’eau va se condenser. Cette condensation revêtira la forme de gouttelettes d’eau ou de givre selon que la température est supérieure ou inférieure au point de congélation » (Guide éconergique).

Taux d’humidité recommandé 

Le taux d’humidité relative recommandé à l’intérieur est celui qui permet de réduire au minimum la condensation sur les fenêtres au cours de la saison de chauffage. Si le taux d’humidité de votre maison dépasse le taux maximal recommandé, alors vos fenêtres seront recouvertes de buée ou de givre. Notez qu’il est nécessaire de faire baisser le taux d’humidité intérieure au fur et à mesure que la température extérieure descend.

Si le taux d’humidité de votre maison est bien plus bas que les taux suggérés, vous aurez des problèmes d’électricité statique, de poussière et de sécheresse buccale et cutanée. Sur le plan du confort et de la santé, il est souhaitable de maintenir, en hiver, une humidité relative, à l’intérieur, entre 30 % et 35 % pendant la saison de chauffage. Malheureusement, avec ce taux d’humidité, une certaine condensation se formera sur la plupart des fenêtres en périodes froides.

Réduction de la condensation sur les fenêtres

Il existe des façons simples pour réduire le phénomène de condensation sur les fenêtres. Si jamais l’application de ces conseils s’avérait peu efficace, alors il faudrait envisager des solutions plus complexes engendrant des coûts plus importants (Guide Éconergique).

Voici donc quelques moyens pour réduire la condensation sur les fenêtres :

Réduction de la quantité d’humidité produite

  • Réglez à la baisse ou éteignez l’humidificateur, qu’il soit incorporé à l’appareil de chauffage ou non;
  • Couvrez les marmites pour réduire la vapeur;
  • Ne mettez pas du linge à sécher à l’intérieur;
  • Faites évacuer à l’extérieur l’air de la sécheuse;
  • Raccourcissez la durée des douches et des bains;
  • Réduisez le nombre de plantes d’intérieur;
  • N’entreposez pas à l’intérieur du bois à brûler;
  • Recouvrez le sol exposé du sous-sol et du vide sanitaire d’une membrane hydrofuge. Utilisez, pour cela, des feuilles de polyéthylène de 0,15 mm (6mils), se chevauchant d’environ 600 mm (24 po) aux joints et retenues au sol par de vieilles planches, des briques ou une couche de sable de 50 mm (2 po).

Amélioration de la circulation de l’air

  • Ouvrez les rideaux et les stores qui couvrent les fenêtres;
  • Déplacez les meubles et les objets qui obstruent les bouches d’air chaud et froid;
  • Laissez tourner continuellement à petite vitesse le ventilateur de l’appareil de chauffage.

Augmentation de la ventilation

  • Servez-vous du ventilateur-extracteur de la cuisine quand vous cuisinez et de celui de la salle de bain après la douche. Ces ventilateurs-extracteurs devraient évacuer vers l’extérieur;
  • Ouvrez, pour un court moment, les portes extérieures et fenêtres pour réduire la condensation en un point donné.

Améliorations pour les fenêtres

  • Vous pouvez réduire sensiblement la condensation qui se forme sur les fenêtres à simple ou à double vitrage en installant des contre-fenêtres. Vous pouvez aussi adopter une solution plus coûteuse qui consiste à remplacer les fenêtres existantes par de nouvelles fenêtres écoénergétiques;
  • La condensation entre une fenêtre et une contre-fenêtre est due à une fuite d’air qui peut être réduite par un bon calfeutrage et la pose de coupe-bise. Une contre-fenêtre intérieure doit être plus étanche que la fenêtre principale qu’elle couvre et vice versa pour empêcher l’air chaud et humide de la maison d’être emprisonné entre les deux fenêtres et de provoquer une accumulation de condensation;
  • La condensation à l’intérieur d’un double vitrage scellé en usine indique que le scellement est défectueux. La seule solution, dans ce cas, consiste à remplacer la fenêtre scellée. La plupart des fenêtres scellées sont garanties, pour une période d’au moins cinq ans, contre la défectuosité des scellements; adressez-vous au fabricant pour connaître sa politique de remplacement.

Résistance à la condensation

« Chaque fois que la température de surface d’une partie quelconque de la fenêtre est suffisamment basse, l’humidité contenue dans l’air de la pièce se condensera sur la surface froide. Si la condensation se produit suffisamment longtemps, elle peut créer une quantité d’eau assez importante qui risque d’endommager les revêtements intérieurs, de favoriser la croissance de moisissure et, si l’eau s’infiltre à l’intérieur du mur sous la fenêtre, cela risque d’endommager le mur » (source : SCHL).

Condensation sur la fenêtre

Poire à fumée

Condensation sur la fenêtre

Condensation sur la fenêtre

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