Inondations printanières de 2017

« Des inondations printanières de 2017exceptionnelles sont survenues au printemps 2017 dans plusieurs municipalités du Québec. La crue des eaux a touché 278 municipalités, inondé plus de 5 300 résidences et forcé l’évacuation de plus de 4 000 personnes ainsi que la fermeture de plusieurs routes » comme le rappelle le Ministère des Affaires municipales (MAMOT).

Cotes d’inondation de récurrence 

Par définition, la zone inondable représente la surface de terre qui est submergée par un cours d’eau lorsqu’il déborde de son lit. « De nombreux facteurs influent sur le débit d’une rivière, et donc sur les risques d’inondation. Parmi les plus importants, mentionnons la quantité et le type de précipitations, la nature et l’état du bassin versant, ainsi que le climat » (Gouvernement du Canada).

« Les inondations printanières sont mesurées par rapport à leur niveau et à leur fréquence. On utilise à cet effet les expressions « période de retour » et « récurrence ». Dans la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI), ce sont les cotes d’inondation de récurrence de 20 ans et de 100 ans qui sont prises en compte pour déterminer les limites des plaines d’inondation. Elles correspondent aux limites des crues qui ont respectivement 1 chance sur 20 (5% de chance) et 1 chance sur 100 (1% de chance) de se produire chaque année » (Ministère de l’Environnement du Québec – MDDELCC).

« Essentiellement, la PPRLPI interdit toutes les constructions, toute reconstruction des bâtiments considérés détruits par une inondation, tous les ouvrages et tous les travaux, sauf certaines exceptions, dans la zone de grand courant (0-20 ans). Aussi, elle assujettit la construction et les ouvrages à l’application de mesures d’immunisation dans les zones de faible courant (20-100 ans) » (Ministère des Affaires municipales – MAMOT).

  • Zones inondables :
  1. Zone inondable de 0-2 ans : 50 % de risque d’être inondé par année;
  2. Zone inondable de 2-20 ans : 5 % de risque d’être inondé par année;
  3. Zone inondable de 20-100 ans : 1 % de risque d’être inondé par année.
  • Cartographie des zones inondables 

Selon le regroupement des organismes de bassins versants du Québec, les données concernant les zones inondables sont soit presque inaccessibles ou désuètes : « les cartographies de zones inondables sont difficilement accessibles, parfois incomplètes et elles datent dans certains cas des années 1970 » (ROBVQ).

Décret ZIS

Le gouvernement a le pouvoir de créer une zone d’intervention spéciale (ZIS), par décret, sur le territoire de certaines municipalités affectées par les inondations [en utilisant l’article 158 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme]. Une ZIS vise à « résoudre un problème d’aménagement ou d’environnement dont l’urgence ou la gravité justifie, de l’avis du gouvernement, une intervention » (article 159 LAU).

En 1987, le gouvernement adoptait sa première Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) et la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme oblige les municipalités à respecter cette Politique dans leur réglementation. Il est donc défendu de construire dans la zone inondable 0-20 ans, car ceci va à l’encontre de la protection de l’environnement.

Dommages aux bâtiments

Les inondations printanières d’avril et de mai 2017 ont provoqué des dommages matériels considérables aux bâtiments se trouvant dans des zones inondables.

Voici des exemples de dommages causés par les inondations :

  • La dalle sur sol endommagée à cause de la pression hydrostatique élevée;
  • L’apparition de fissures en forme d’étoile dans la dalle sur sol;
  • Un mouvement structural dans les fondations;
  • L’affaissement du bâtiment, etc.

Fondations hydrofuges

Les municipalités exigent que les fondations soient hydrofuges lorsqu’un bâtiment est situé dans une zone sujette aux inondations (plaine inondable). Les fondations hydrofuges impliquent que les fondations de béton doivent avoir l’armature nécessaire pour résister à la pression hydrostatique que provoquerait une crue. Toute la surface externe de la partie verticale des fondations – située sous le niveau d’inondation – doit être recouverte d’une membrane hydrofuge à base d’asphalte caoutchoutée d’une épaisseur minimale d’environ 1,6 mm.

De plus, le plancher des fondations doit être construit avec une contre-dalle de base (dalle de propreté) dont la surface est recouverte d’une membrane hydrofuge à base d’asphalte caoutchoutée d’une épaisseur d’environ 1,6 mm.

Bref, les fondations, les semelles, la dalle sur sol – dans le système de fondations hydrofuges – doivent être bien imperméabilisées et étanches. Ce type de système ne doit pas laisser l’eau pénétrer au sous-sol, malgré la pression hydrostatique élevée qui est pratiquée contre ces éléments.

Après l’inondation d’un bâtiment, les autorités demandent qu’un ingénieur civil visite la propriété pour évaluer les dommages et proposer la solution appropriée pour les corrections nécessaires.

 Bassins versants du St-Laurent

La notion de bassin versant est primordiale lorsqu’il est question d’inondations. En effet, « la source des inondations provient de l’ensemble du bassin versant » (ROBVQ). Certains spécialistes préconisent une gestion intégrée des principaux bassins versants pour assurer une protection contre les inondations.

Définition de bassin versant 

Voici donc une définition de celui-ci : « un bassin versant est un territoire dont les limites sont déterminées par les crêtes des montagnes et les dénivellations du terrain. On appelle généralement ces crêtes de montagne et dénivellations la ligne de partage des eaux. Chacune des gouttes d’eau qui tombent à l’intérieur des limites d’un bassin versant, peu importe l’endroit où elle tombe, atteindra, à la fin de son parcours, le même exutoire. Cet exutoire peut être un lac, une rivière, un fleuve ou un océan, selon l’échelle que l’on choisit » (CREBSL).

Notons que le Saint-Laurent est alimenté par de nombreuses rivières qui drainent 92 bassins versants.

Pistes de solutions 

« Des exemples de solutions à mettre en place comprennent la restauration de milieux humides — qui peuvent agir comme bassins de rétention —; la délimitation d’un espace de liberté pour les cours d’eau où l’établissement résidentiel serait interdit; la délimitation d’espaces naturels non urbanisés où il serait possible de diriger les crues; la réalisation de jardins de pluie en milieu urbain » (ROBVQ, organismes de bassins versants).

Inondations printanières

Membrane hydrofuge

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