Il est très difficile pour le commun des mortels de différencier la petite fourmi noire inoffensive de la fourmi charpentière. La distinction est primordiale dans le cas d’une poursuite pour vice caché. En effet, seule la présence de fourmis charpentières, parmi tous les insectes, donne le droit à un recours en vice caché contre l’ancien propriétaire. Cependant, la jurisprudence a établi que la seule présence de fourmis charpentières ne constituait pas nécessairement un vice caché (Li c Boutilier, Cour du Québec, 2006). Comme le souligne Me Mario Naccarato, « en dépit du caractère caché de la présence de fourmis charpentières (…) le seul caractère caché affectant un vice ne suffit pas à lui seul pour engager la responsabilité du vendeur ».

Comment reconnaître les fourmis charpentières ?

En fait, les fourmis charpentières mesurent de 6 à 25 mm de longueur. Ce sont les plus grosses fourmis qu’on retrouve au Québec. Elles sont noires avec des teintes de rouge ou de brun. Contrairement à l’idée très répandue qu’elles mangent le bois (xylophages), elles creusent plutôt des couloirs et des galeries, dans le bois affecté et affaibli par l’humidité, pour installer leur nid. Si on découvre des fourmis charpentières en hiver ou bien des fourmis ailées, alors il y a vraisemblablement une colonie à l’intérieur du bâtiment (source : CAA Québec).

Infiltrations d’eau ou humidité

Le fait d’avoir des fourmis charpentières dans un bâtiment « peut donc indiquer un problème d’humidité ou le pourrissement des structures » (Santé Canada). Lors de la nidification, elles transforment le bois en sciure, ce qui constitue un signe de leur présence.

Normalement, lorsqu’on découvre une colonie de fourmis charpentières à l’intérieur d’un bâtiment ainsi que des dommages à la structure, il y a bien souvent des problèmes d’infiltrations d’eau ou d’humidité qui y sont associés. En effet, elles recherchent les endroits humides ou affectés par des infiltrations d’eau. Ainsi, dans les propriétés ayant des déficiences pouvant engendrer des problèmes d’humidité et d’infiltrations d’eau, la probabilité de retrouver des fourmis charpentières est plus élevée que dans les maisons saines.

Sources des problèmes

Il faut chercher les sources d’humidité et/ou des infiltrations d’eau et régler simultanément ces problèmes avec l’extermination des fourmis. Les sources peuvent être les suivantes :

  1. Drain français non fonctionnel ;
  2. Présence de fissures dans les murs de fondations ;
  3. Étanchéité défectueuse à la jonction entre la semelle et les murs de fondations ;
  4. Étanchéité défectueuse à la jonction entre le parement extérieur et les murs de fondations ;
  5. Étanchéité défectueuse au pourtour des portes et fenêtres ;
  6. Joints de scellement déficients ou absents dans l’enveloppe du bâtiment ;
  7. Absence d’un dégagement adéquat entre le revêtement extérieur et le sol ;
  8. Absence d’un dégagement adéquat entre la jonction des murs de fondations et le sol ;
  9. Pente de terrain qui dirige l’eau vers la maison ;
  10. Manque d’un dégagement adéquat entre les allèges des fenêtres de sous-sol et le sol extérieur ;
  11. Descentes de gouttière qui se déversent près des murs de fondations ;
  12. Terrasses installées dont le niveau des plateformes est plus haut que la jonction de la base du revêtement extérieur ;
  13. Absence de chantepleures à la base des parements en maçonnerie ;
  14. Absence d’une membrane d’étanchéité à la base des portes extérieures au niveau du rez-de-chaussée ;
  15. Revêtement extérieur en acrylique fermé à la base ;
  16. Condensation à cause d’une isolation thermique mal installée ou une isolation avec une faible résistance thermique ;
  17. Étanchéité à l’air déficiente qui causera de la condensation à l’intérieur et puis un taux d’humidité élevé dans les matériaux de construction.

Murs porteurs extérieurs

Les éléments de la structure en bois qui sont les plus fréquemment endommagés par les fourmis charpentières sont les murs porteurs extérieurs, plus particulièrement, les parties basses des murs qui sont en contact avec l’humidité du sol extérieur ou le béton des murs de fondations.

Souvent dans les maisons – dont le plancher du rez-de-chaussée est plus bas que le niveau du sol extérieur – on s’aperçoit que les lisses d’assise et les solives de rive sont plus exposées à l’infestation de fourmis charpentières.

On retrouve également ce genre d’infestation dans les composantes telles que :

  1. La structure en bois, au pourtour des portes et des fenêtres non étanches à l’eau ;
  2. Sous les portes patio donnant vers les terrasses extérieures ;
  3. L’isolant thermique accessible par l’extérieur comme l’isolant de la base d’une fenêtre en porte-à-faux.

Ces éléments en bois qui sont susceptibles d’être amollis par l’humidité et les infiltrations d’eau représentent l’environnement idéal pour accueillir les fourmis charpentières qui peuvent ainsi creuser facilement et s’installer dans le bois humide et chercher la nourriture disponible dans la maison.

Expert en vice caché

Vice caché-fourmis charpentières