En général, les bâtiments des années 1900 contiennent des murs massifs en briques qui sont composés de plusieurs rangées de briques formant un corps structural intègre grâce aux boutisses. Par définition, ces dernières sont des rangées de briques installées dans le sens contraire des autres pour créer des attaches adéquates entre les rangées de briques.

Ceci pour faire en sorte que le mur porteur puisse supporter les charges des briques, des planchers ainsi que de la neige, et réagir comme un corps structurel intègre et solide. La dernière rangée de briques, à l’extérieur, compose la finition extérieure de l’enveloppe du bâtiment. Ces briques sont normalement de couleur beige dans de nombreux bâtiments de l’époque.

Contre-murs en briques

La théorie de construction des murs massifs est totalement différente de celle des contre-murs en briques creux d’aujourd’hui. En effet, la théorie du contre-mur en briques – qui enveloppe la structure (béton, acier ou bois) – a évolué avec le temps. Il s’agissait de laisser un espace d’air (lame d’air) entre la paroi en briques et la composante intérieure de la structure, et d’installer une membrane sur la structure, pour empêcher l’eau d’entrer dans le mur porteur. Les briques sont fixées contre la structure en bois avec des attaches métalliques.

Au tout début de cette pratique, les chantepleures n’étaient pas connues, mais plus tard pour ventiler et évacuer cet espace, on a créé des chantepleures à la base du parement et au-dessus des ouvertures. En fait, la chantepleure est un joint de maçonnerie évidé (trou d’évacuation) qui ne contient pas de mortier et « qui sert à l’évacuation de l’eau qui s’infiltre derrière la maçonnerie et assure la ventilation du mur en laissant l’air y circuler. Lorsque la chantepleure est absente, l’eau à tendance à s’accumuler derrière le mur de maçonnerie et finit par s’infiltrer vers l’intérieur du bâtiment » (source : Assistco.ca).  

Problèmes avec murs massifs (briques)

Les murs massifs en briques présentent des problèmes différents de ceux retrouvés avec le contre-mur en briques.

En effet, les murs massifs en briques ne possèdent pas un système pour évacuer l’eau qui peut traverser la première rangée de briques de finition. Avec le temps, des infiltrations d’eau, dans l’enveloppe, finissent par détériorer les briques des murs massifs. Parfois, la détérioration est si grave que le mur ne peut être réparé et qu’il faille le remplacer carrément par le système plus moderne de contre-mur en briques et une structure intérieure portante en bois ou autre.

Les éléments composant la première ligne de défense – contre les infiltrations d’eau – doivent toujours être en bon état, pour protéger la structure interne qui est composée de rangées de briques ainsi que la structure en bois reposant sur ces murs massifs.

Ces éléments sont les suivants, à savoir :

  • Les briques composant la rangée de finition extérieure ;
  • Les joints de mortier reliant les briques de finition ;
  • Les joints de scellement ;
  • Les solins métalliques, etc

Des travaux d’entretien ou de remplacement peuvent être effectués pour certains de ces éléments, comme les joints de mortier entre les briques, les joints de scellement, les solins métalliques, etc. Cependant, d’autres éléments ne peuvent pas être entretenus ou remplacés individuellement, comme les briques de finition qui sont fissurées ou endommagées, car c’est presque impossible de trouver la même taille et la même couleur de briques.

Durée de vie utile (briques)

Tout dépendant des documents traitant des composantes du bâtiment, la durée de vie utile des briques (composant l’enveloppe du bâtiment) peut varier entre 42 ans et 70 ans.

Seulement à titre indicatif, voici ce qu’indiquent deux documents concernant la durée de vie utile des briques 

  • La durée de vie moyenne maximale de la maçonnerie dans le document de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) est de 42 ans.
  • La durée de vie des briques du parement, selon le guide préparé par le Ministère des Affaires municipales du Québec, est de 70 ans ;

Problèmes potentiels avec briques de finition

1- Souvent on retrouve des malfaçons dans les joints des briques (très étroits et évidés à certains endroits) qui peuvent faire en sorte que l’eau s’infiltre constamment derrière la paroi extérieure en briques. Ces infiltrations d’eau attaquent les murs massifs en briques. En effet, il est impossible de remplacer les joints de mortier étroits ou de remplir les joints vides (très étroits) entre les briques sans endommager celles-ci ;

2- Il peut y avoir des cernes et des taches, sur les briques de finition, qui sont difficiles à nettoyer sans qu’on n’endommage la surface des briques ;

3-Le mortier, reliant les briques de finition, peut être friable et non étanche ;

4- Les briques peuvent être fissurées (à cause de l’âge), cassées ou endommagées. Ces briques ont besoin d’être remplacées. Cependant, ce type de briques de l’époque n’existe plus aujourd’hui. Il faudrait donc remplacer les briques cassées, endommagées ou détériorées par des briques de la même couleur et de la même taille, ce qui n’est pas faisable.

5- Les briques de la couche de finition extérieure ont nécessairement atteint la fin de leur durée de vie utile. Il y a alors un risque élevé que les briques – qui ne sont pas fissurées actuellement – soient fissurées et endommagées dans les prochaines années, ce qui affectera la structure interne.

Murs massifs en briques

Murs massifs en briques